B.A.-BA de la photograhie

Les paramètres en photographie

Ce paragraphe sera peut-être juste un rappel pour vous et le cas contraire, j’espère qu’il vous aidera à appréhender les paramètres entrants en compte dans la photographie (et la vidéo par là-même). Celui-ci vous permettra aussi peut être d’avoir un éclaircissement sur quelques termes que j’ai pu utiliser plus haut.

Outre les modes automatiques, vous avez dû voir que vos appareils avaient des modes semi-automatiques (mode A, mode S, mode P) et un mode manuel (mode M).

Ces différents modes permettent d’agir sur un ou plusieurs paramètres influant sur vos photos.

Ces paramètres sont aux nombres de 3 :

  1. La sensibilité (exprimée avec le terme ISO)
  2. L’ouverture (définie comme suit : f1.8 ou F/2.8 etc…)
  3. La vitesse (exprimée en secondes et la plupart du temps en fraction de secondes 1/500 par exemple).

Il est souvent représenté l’interaction de ces paramètres à travers un triangle :

Le triangle d'exposition
Le triangle d’exposition

C’est le ou les bons mélanges de ces 3 paramètres qui feront que la photo obtenue sera ce que vous avez voulu obtenir.

Il faut garder en mémoire cette image de triangle car ces 3 paramètres sont intimement liés. En effet, pour un même résultat, si je décide d’ouvrir plus (de diminuer la valeur de mon ouverture), il va falloir que j’agisse au contraire soit sur ma sensibilité, soit sur ma vitesse afin que le triangle reste équilatéral.

Pour rentrer dans le vif du sujet. (source : http://www.nikonpassion.com/quelques-notions-de-base-sur-la-photo/)

L’ouverture

C’est le diaphragme de votre appareil photo qui gère ce qu’on appelle l’ouverture. Il s’agit d’un élément primordial de l’objectif, que l’on pourrait comparer à la pupille de l’œil humain (il s’ouvre en cas de faible luminosité et se ferme dans le cas contraire).

C’est lui qui définit la quantité de lumière qui atteindra le film ou le capteur. Par commodité, on attribue au diaphragme une valeur chiffrée en fonction « de la dilatation de la pupille » ; ce sont les fameux f/2.8, f/4.0, f/5.6, etc… Il s’agit du rapport entre le diamètre du diaphragme et la longueur focale (f/2.0 signifiant que le diamètre du diaphragme vaut la moitié de la longueur focale, par exemple).

Les valeurs standard sont : f/1 – f/1.4 – f/2 – f/2.8 – f/4 – f/5.6 – f/8 – f/11 – f/16 – f/22 – f/32.

Plus le chiffre est petit et plus l’objectif est qualifié de lumineux ; c’est-à-dire qu’il pourra laisser passer beaucoup de lumière pour impressionner le film ou le capteur.

Entre chaque valeur de diaphragme s’applique un facteur « deux » : par exemple, f/2 laissera passer 2 fois plus de lumière que f/2.8 et 8 fois plus de lumière que f/5.6, etc…

Schémas explicatifs (la valeur indiquée n’est qu’un exemple) :

ouverture f2.8
ouverture f2.8
ouverture f5.6
ouverture f5.6
ouverture f11
ouverture f11

 

La vitesse d’obturation

Cette fois ci, nous nous attaquons au boîtier de l’appareil car c’est lui qui permet de fixer la vitesse d’obturation et non pas l’objectif. L’obturateur est le mécanisme qui va permettre d’impressionner le film ou le capteur  pendant une durée donnée, en laissant passer la lumière.

Les vitesses standards (allant du simple au double) sont : 1 seconde, 1/2 sec, 1/4 de sec, 1/8 de sec, 1/15 de sec, 1/30 de sec, 1/60 de sec, 1/125 de sec, 1/250 de sec, 1/500 de sec, 1/1000 de sec, 1/2000 de sec, 1/4000 de sec, etc…

Je ne développerai que le principe de l’obturateur à rideau pour sa simplicité à être dessiné !

Lorsque l’obturateur est fermé, un rideau noir cache la surface sensible.

Obturateur fermé
Obturateur fermé

Lorsque l’on appuie sur le déclencheur, le premier rideau (flèche bleue) se déplace et découvre la surface sensible.

Obturateur premier rideau
Obturateur premier rideau

Après un temps donné, qui correspond à la vitesse d’obturation, il est suivi par un second rideau (flèche rouge).

Obturateur second rideau
Obturateur second rideau

Le second rideau continue sa progression.

Obturateur presque refermé
Obturateur presque refermé

Puis recouvre complètement la surface sensible !

Obturateur fermé
Obturateur fermé

Les deux rideaux se déplacent à la même vitesse. Au total, la surface sensible aura été exposée pendant une durée constante sur toute sa longueur (le laps de temps entre le départ du premier rideau et celui du second). Plus la vitesse d’obturation est rapide, plus le second rideau partira tôt et plus la fente sera fine et inversement.

La sensibilité du film ou du capteur

La sensibilité correspond à la capacité de la surface sensible (film ou capteur) à être impressionnée par la lumière. Elle s’exprime en ISO. Là aussi, il y a un standard (comme pour les focales et les vitesses) : 50 ISO, 100, 200, 400, 800, 1600, 3200, etc… (à noter que le terme ISO vient d’un des standards de l’argentique où il était également possible de rencontrer le standard ASA).

Entre chaque sensibilité il y a (encore une fois) un facteur multiple de deux, à savoir : 400 ISO sera deux fois plus sensible à la lumière que 200 ISO et quatre fois plus sensible à la lumière que 100 ISO. Un film de 400 ISO ou un capteur calé sur 400 ISO auront donc besoin de deux fois moins de lumière pour être impressionnés qu’à 200 ISO et quatre fois moins qu’à 100 ISO.

Pourquoi faire alors des pellicules de faible sensibilité à la lumière ou des capteurs capables de descendre en sensibilité ? Parce qu’il y a un compromis : plus une pellicule est sensible, plus le grain obtenu sur la photo sera gros et inversement ! (Un film de 100 ISO aura un grain plus fin qu’un de 400 ISO). En numérique plus la valeur ISO augmente, plus l’on s’éloigne de la sensibilité naturelle du capteur et plus l’on augmente le niveau de bruit dans l’image.

En pratique, on utilise la plupart du temps par exemple, en pleine lumière du jour une sensibilité allant de 50 à 200 ISO, il n’est pas nécessaire de monter plus.

Par contre, par temps nuageux, si on ne peut pas ou ne veut pas ouvrir trop et si la vitesse est trop peu important (pouvant induire ce qu’on appelle un flou de bougé donc une image pas nette), il faudra augmenter la sensibilité à 320, 400 ou même 600 ISO.

La profondeur de champ

La profondeur de champ
La profondeur de champ

Par définition, la profondeur de champ (PDC sur le schéma) correspond à la différence entre le dernier plan net de la photo (ligne rouge) et le premier plan net de la photo (ligne bleue). La PDC se répartit 1/3 en avant du sujet mis au point et 2/3 en arrière de celui-ci.

La profondeur de champ varie en fonction de nombreux facteurs : elle diminue avec l’augmentation de la focale (la focale correspond à votre objectif donc 50mm par exemple ou 200mm), l’ouverture du diaphragme, l’augmentation de la vitesse d’obturation et une sensibilité moindre du film. Le paramètre qui se contrôle le plus facilement pour gérer cette profondeur de champ est l’ouverture.

L’Hyperfocale

En optique et en photographie, la distance hyperfocale  souvent remplacée par le substantif hyperfocale  est une distance liée à la profondeur de champ qui peut être définie de deux manières légèrement différentes.

  1. L’hyperfocale est la distance minimum à laquelle il est possible de faire la mise au point tout en gardant les objets situés à l’infini avec une netteté acceptable. La mise au point à cette distance permet d’obtenir la plus grande plage de netteté acceptable qui s’étend alors de la moitié de cette distance à l’infini.
  2. Pour une mise au point à l’infini, l’hyperfocale est la distance au delà de laquelle tous les objets ont une netteté acceptable.

Autrement dit, faire la mise au point sur l’hyperfocale (c’est-à-dire à un endroit qui est situé à cette distance hyperfocale) permet d’obtenir la plus grande zone nette possible sur l’image.

L’hyperfocale est est influencée par la longueur focale (50mm, 100mm, etc…), l’ouverture que vous avez choisie (f/2.8, f/5.6, f/22, etc…).

Tableau hyperfocale
Tableau hyperfocale

On voit par exemple qu’avec une focale de 50mm, si j’utilise une ouverture f de 5.6, la distance de mise au point pour obtenir l’hyperfocale doit être faite à 23.5m.

Si je fais donc la mise au point à cette distance, ma zone de netteté se fera de 11.75m à l’infinie.

Comment l’utiliser concrètement ?

C’est là qu’on a un léger problème : autant sur les anciennes optiques du temps de l’argentique, l’hyperfocale était souvent indiquée, et il suffisait de régler son optique dessus. Autant maintenant, cette bonne habitude s’est perdue, et il paraît donc impossible de l’obtenir simplement sans faire un complexe calcul mathématique (ou se référer au tableau ci-dessus). Mais bonne nouvelle, il y a une astuce.

Quand vous faites la mise au point à l’infini, la distance hyperfocale est en fait le point net le plus proche de vous. Comment procéder simplement :

  • Faites un cliché en mettant au point à l’infini.
  • Regardez le résultat : le point net le plus proche de vous est l’hyperfocale.
  • Refaites le même cliché en mettant au point sur l’hyperfocale plutôt que sur l’infini.
  • L’image est toujours nette jusqu’à l’infini, mais en plus vous avez gagné 1/3 de la zone de netteté, entre vous et ce point d’hyperfocale.

Cette technique vous permet d’obtenir un avant-plan net sur des photos de paysage. En pratique, on se contente bien souvent de mettre au point à environ 1/3 de la hauteur de l’image, ce qui est légèrement moins efficace mais beaucoup plus intuitif.

Ou mettre au point un paysage ? mise au point hyperfocale

Voici où mettre au point un paysage !

Pour résumer

Rien ne vaut des petits schémas :

Les différents modes semi-automatiques et manuels A,S,P et M

(source : http://www.nikonpassion.com/p-s-a-m-auto-quel-mode-prise-de-vue-choisir-3-exercices-pour-comprendre/)

Le mode P ou Mode Programme

Le mode P ou mode programme est un mode dans lequel le boîtier choisit lui-même l’ouverture (le diaphragme) et la vitesse en fonction de la quantité de lumière et du type de sujet cadré.

L’algorithme intégré à votre reflex est en effet capable de distinguer si la partie haute de votre cadrage est un ciel bien lumineux, ou si vous êtes en mode portrait, et il va choisir parmi les dizaines de milliers de combinaisons qu’il connaît celle qui va donner la meilleure exposition possible.

Le mode P est la plupart du temps débrayable : il est en effet possible de tourner la molette correspondante du reflex pour décaler le programme. Ceci signifie que vous pouvez modifier le couple vitesse/diaphragme choisi par l’automatisme afin de l’adapter à votre convenance sans pour autant modifier la quantité de lumière qui va entrer dans le boîtier.

Le mode A ou Priorité à l’Ouverture

Le mode A (‘Aperture’ ou Ouverture en anglais) est probablement le mode le plus utilisé par les photographes. Il consiste à fixer une ouverture à l’aide de la bague de diaphragme ou de la molette correspondante et à laisser le boîtier choisir seul la vitesse d’exposition. En vous donnant encore un peu plus d’autonomie par rapport au mode P, le mode A va vous permettre de travailler sur les flous d’arrière-plan, la profondeur de champ, la netteté globale de l’image.

Quelle ouverture choisir ? Tout est question de goût. Il n’y a rien de technique si ce n’est qu’il vous faut comprendre et maîtriser la notion de profondeur de champ. Retenez simplement ceci : plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est faible. Et inversement.

Retenez que le mode A est le mode créatif par excellence car il vous permet d’isoler un sujet de l’arrière-plan, de mettre en valeur un personnage, de créer un bel arrière-plan en paysage, de jouer avec le flou, etc.

Avec ce mode, vous pouvez par exemple fixer l’ouverture à f8 ou f11 pour prendre une paysage. A ces ouvertures, la profondeur de champ doit être très grande voire presque infinie selon où est faite la mise au point.

Le mode S ou Priorité à la vitesse

Le mode S (‘Speed’, vitesse en anglais) est le contraire du mode A : il permet de choisir la vitesse et le boîtier calcule seul l’ouverture correspondante.

L’intérêt est évident : si votre sujet est dynamique (photos de sport, d’action) alors vous décidez par vous-même de la vitesse afin d’éviter au mieux le flou et le boîtier vous épargne le calcul de l’ouverture. La photo est correctement exposée sans autre difficulté.

Le mode S vous rendra de précieux services si vous êtes face à un sujet mobile, rapide, et que vous devez le suivre tout au long d’une série de photos (course de voitures, match de foot, jeux collectifs, etc.).

Conseil : Si vous devez faire une seule photo, ne perdez pas de temps à passer en mode S. Utilisez simplement la molette de décalage du programme du mode P pour choisir une vitesse rapide et faites votre photo.

Le mode S n’a pas de réelle utilité si vous photographiez au fil de vos promenades, en vacances, en voyage. Choisissez plutôt dans ce cas le mode A qui vous donne le contrôle de la profondeur de champ. Ce sera beaucoup plus créatif et vous pouvez toujours décaler l’ouverture pour obtenir une vitesse élevée, si le besoin s’en fait sentir, ça vous coûtera quelques clics de molette seulement.

Le mode M ou Mode Manuel (le Saint Graal)

Le mode M est le mode qui vous donne toute liberté de contrôler vos paramètres de prise de vue à votre guise. Le mode M vous autorise tout : le meilleur comme … le pire.

Le mode M permet toutes les variantes possibles (et les erreurs d’exposition qui vont avec …). Pour quelques hérétiques du siècle dernier le mode M est le seul qui fasse de vous un vrai photographe, pour autant il est loin d’être utilisé par tout le monde y compris les photographes professionnels.

Si vous faites le choix du mode M, vous devez comprendre que vous êtes seul maître a bord. Le boîtier ne pilote plus rien en automatique, il ne vous donne aucun réglage préétabli, c’est à vous de choisir l’ouverture et la vitesse d’exposition. Ce mode demande une parfaite connaissance de la technique photo, de la gestion de la lumière, de votre matériel.

Commentaires

Nous avons vu avec ces 4 modes que nous pouvons agir sur l’ouverture, la vitesse ou les deux. Il nous manque le 3ième élément du triangle des paramètres, à savoir, la sensibilité (ISO).

En effet, quel que soit le mode choisi, il est possible de gérer les ISO de manière automatique (la sensibilité est alors automatiquement définie par votre boitier) ou alors manuellement.

Pensez juste à vérifier cette valeur avant chaque shooting afin d’éviter les surprises.

Par exemple, vous faites de la photographie lors de concert, en mode M. Vous avez fixé une sensibilité à 1600 par exemple car les salles de concerts sont souvent sombres et vous n’avez pas eu le choix car vous avez sélectionné une vitesse assez rapide afin d’éviter que le mouvement des musiciens produisent un flou, votre ouverture maximale dépendant de votre objectif et ne voulant aussi pas forcément une toute petite profondeur de champ en fonction de la longueur focale utilisée. Le lendemain, vous partez en balade nature, grand soleil, vous vous mettez en mode A pour faire de la photo de paysage, vous fixez votre ouverture à F8 et malgré une vitesse calculée automatiquement, vos photos sont blanches (cramées dans le jargon car trop exposée) car votre appareil n’arrive pas à une vitesse assez rapide. Si vous ne vérifiez pas vos photos lors de la prise, vous risquez de perdre une journée de photo car la sensibilité était encore sur les 1600 ISO choisis la veille.